Enfant, je voulais ressembler à mes parents. Ah ce que je les admirais. Leur bonté sans fin et leur amour scintillant dans la maison me rendaient heureuse. Travaillants, honnêtes et responsables,je les adulais secrètement. On aurait dit que j’étais tombée sur des parents parfaits.

Puis rendue à l’adolescence, je me suis mise à questionner certaines de leurs valeurs. Pourquoi fallait-il se rendre à l’église chaque dimanche? Pourquoi fallait-il toujours se faire passer en dernier? Pourquoi devions-nous être bien vêtus pour aller en ville? Croyez-moi, la liste de questionnements était longue, très lonnnnnngue. Cependant, en remettant en question leurs valeurs, j’ai réalisé que cela déplaisait… particulièrement à ma mère. Elle avait ses règles et je ne devais pas les mettre en doute. Alors les prises de becs ont commencé entre elle et moi.

Dieu sait combien de fois ai-je pu me faire dire que j’avais une tête de mûle… Pourtant, je ne faisais part que de mon opinion. Aller à l’église sans en avoir l’intérêt était pour moi un signe d’hypocrisie. Je n’aimais pas l’idée culpabilisante qui y était trop souvent véhiculée. Porter des vêtements chics à 14 ans me donnaient l’effet d’être PRISE dans mes vêtements; ce n’était pas moi non plus. Toujours dire « OUI » même si le cœur n’y était pas, je l’ai fait aussi. Par amour et respect pour eux, je me suis conformée à maintes reprises dans le but de plaire.

Quoi qu’il en soit, je n’en veux absolument pas à mes parents car ils ont suivi leur instinct de parents en voulant m’inculquer des valeurs traditionnelles qui leur appartenaient. Ma mère était ma meilleure amie et elle me manque souvent. Mon père était mon mentor… il l’est toujours d’une certaine façon. Aujourd’hui, il n’en tient qu’à moi de choisir les valeurs qui me plaisent et de laisser tomber celles qui nuisent à ma vie. Sans le savoir, mes parents ont été les PLUS beaux modèles de DON DE SOI.

Grâce à eux, j’ai compris que la maladie avait aussi un lien direct avec celui-ci. Le don de soi, c’est bien à condition qu’on le fasse aussi pour soi-même. Ce n’est pas mal de dire « NON » de temps en temps. Nous ne sommes pas des personnes égoïstes de vouloir s’accorder du temps de qualité pour soi. Le travail, c’est bien. Mais ce n’est pas ce qui nous définit en tant qu’être humain…

Aujourd’hui, j’ai la chance et le bonheur de partager ma vision de la vie avec mon père. Ce que je trouve merveilleux, c’est lorsqu’il me regarde avec son regard charmeur et qu’il me dit : « Tu fais bien ma fille. » Mon père m’observe et voit ce qui me rend heureuse. Il me respecte dans mes décisions. Il sait que j’ai choisi LA SANTÉ au lieu de la sécurité financière en quittant mon emploi d’enseignante. Il m’encourage dans cette voie haut la main. Je suis tellement reconnaissante de l’avoir dans ma vie. Mon père a grandi grâce à la maladie lui-aussi…

Si ma mère était encore de ce monde, j’aimerais tant lui enseigner à dés-APPRENDRE afin qu’elle évite la maladie, car en fait, la vie est un JEU. Qu’elle s’accorde de petites pauses et qu’elle laisse traîner ses affaires dans la maison. Qui s’en souciait de toute façon… à part ses sœurs et ses belles-sœurs qui avaient apprises les mêmes règles… Ses quatre cancers l’ont fait souffrir. TROP de sentiments et de frustrations refoulés au fil des années. Elle était LE RAYON DE SOLEIL de tous et chacun… mais QUI prenait soin de la faire rayonner ?

Je vous supplie de réfléchir à vos valeurs afin de vous assurer qu’elles correspondent bien à la personne authentique que vous êtes. Être en harmonie avec ses valeurs, c’est accueillir la vie à bras ouverts. AIMEZ, PARDONNEZ ET AIMEZ…

Josée Millaire, la plume solitaire

 

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