Les AAAmours de ma vie

Les AAAmours de ma vie

J’avais 8 ans lorsque j’ai eu mon premier coup de foudre. Il était là, assis auprès du feu au camping de Malartic. Il interprétait Hell’s Bell du groupe AC/DC.Qui aurait dit qu’il allait devenir l’homme de MA vie?

Seulement les anges car cela devait être écrit dans le ciel… Je vis avec Alain depuis l’âge de 16 ans. Il était, il est et il sera toujours celui qui comblera mon cœur de femme. Je vous mentirais si je vous disais que tout a toujours été parfait. Oh que non ! D’ailleurs, en décembre dernier, j’ai même pensé le quitter. Pourquoi ? Simplement parce que j’avais l’impression que l’amour n’était plus au rendez-vous. Puis, en prenant du recul, j’ai compris que je devais faire le deuil des dernières années de ma vie : ma dernière dépression majeure, mon changement de carrière, mon déménagement…

En fait, je ne voulais pas réellement quitter l’homme de ma vie, mais plutôt FUIR les blessures du passé. Sa présence me les rappelait constamment même si elles n’étaient pas nécessairement toutes reliées à lui… Encore une fois, Alain aura su me prouver l’Amour inconditionnel qu’il avait à mon égard. Même si nos langages de l’amour sont différents, il a été, il est et il serait toujours là pour moi. Je le vois dans ses yeux.

Il m’accepte telle que je suis avec ma différence. Il accepte l’être que je suis avec ses imperfections. N’est-ce pas la plus belle preuve d’amour d’un homme envers sa femme ? Je vais être honnête avec vous, Alain a été malade plus d’une fois dans sa vie ; nos deux filles Alyson et Angie aussi. JAMAIS je ne les ai abandonnés. Je les ai supportés avec FORCE, COURAGE et COMPASSION. Mais on aurait dit que j’en voulais à Alain de m’avoir fait souffrir à travers sa maladie.

Il était MON HOMME et j’aurais voulu que jamais la maladie ne frappe à nos portes. Je voulais qu’il nous protège. Pourtant, Dieu sait qu’il n’a JAMAIS choisi intentionnellement LA maladie ; nos filles non plus… Quoi qu’il en soit, notre plus grande force en tant que couple, LA COMMUNICATION, aura réconciliée notre union malgré cette blessure qui tarde à cicatriser.

Cependant, je garde espoir qu’un jour, elle disparaîtra… Voyez-vous, notre force émotionnelle en tant que famille est fragile, mais plus forte que tout à la fois. Car nous n’avons pas peur des mots ! Nous sommes une famille UNIE POUR LA VIE… POUR LE MEILLEUR & POUR LE PIRE ! En passant, j’ai choisi intentionnellement que les prénoms de nos filles commencent par la lettre A (Alyson & Angie) car Alain et elles sont les 3 AAAmours de ma vie.

Et puisque L’AMOUR est primordial dans ma vie, cela allait de soi. Que les Anges vous apportent tout l’AMOUR dont vous avez besoin dans votre vie afin d’être pleinement épanouis… Douce St-Valentin à vous tous !

La Plume solitaire

L’amour pur et altruiste…

L’amour pur et altruiste…

Février étant le mois de l’amour (vous le saviez n’est-ce pas !?!?), j’ai le goût de vous transporter vers le monde des âmes Jumelles…

Mais avant, permettez-moi de vous partager la carte d’oracle que je viens de piger. J’ai pensé poser ce geste pour me mettre dans un état d’inspiration et recevoir le message qui me mettra sur les premières lignes de mon article, tout spécialement pour vous…

“L’amour est Dieu manifesté; c’est la force magnétique la plus puissante de l’univers.
L’amour pur et altruiste attire à lui ce qui lui appartient; il n’a pas besoin de chercher ou de demander.
Cartes d’oracle “Le Jeu de la Vie”

Oui, je crois sincèrement que l’amour est la force la plus grande et unique que nous pouvons intégrer dans notre vie. L’être humain est constamment à la quête de reconnaissance, d’accueil, de stimulation. Mais en vérité, croyez-vous que l’amour de soi comblerait tout ces vides intérieurs. “Je vous aime, je suis désolée, pardonnez-moi s.v.p., Merci” sont les phrases magiques de la philosophie hawaïenne que j’intègre de plus en plus dans mes ateliers et surtout dans ma vie au quotidien. Les premiers pas vers l’amour pur et altruiste commencent par l’amour de soi.

Et que dire des vibrations qui découlent de cet amour de soi / versus l’amour déferlé sur les autres par notre rayonnement ? À vrai dire, pas grand-chose en mot prononcé, mais surtout et seulement un sentiment intérieur qui honore notre attitude de croire en nous par l’amour que nous nous portons de plus en plus.

C’est par des gestes amoureux pour soi qui ignore égoïsme et culpabilité que nous arrivons à vibrer sur une fréquence d’amour pur et altruiste. Quels en seront les résultats ? Nous n’en savons rien et c’est très bien ainsi. Mais ce que je peux vous confirmer ici et maintenant, c’est que le fait de vibrer sur la fréquence de l’amour attire à nous des miracles divins, de la magie divine sous des formes que nous ne pouvons imaginer…

Et c’est maintenant que j’aimerais vous partager mon expérience d’Âme jumelle…

La Vie se charge souvent de nous chambouler dans nos croyances. Ces croyances limitantes qui font souvent qu’une partie de nous s’éteint, sans vraiment s’en rendre compte. J’avais mis de côté l’amour, suite à des expériences troublantes. S’en est suivi une période d’accalmie. J’ai appris à apprivoiser ma solitude, à être bien avec moi-même de plus en plus.

En raison d’un changement de vie, à la libération de mémoires toxiques dans toutes les sphères de ma vie, j’ai constaté que ma fréquence vibratoire changeait. Le constat ? J’avais toujours eu dans ma vie des hommes souffrants avec un coeur fermé. Maintenant, des hommes souffrants se présentaient sur ma route, mais ces derniers avaient le coeur ouvert, soit le désir de comprendre leurs blessures, de les cicatriser. En un mot, le désir d’évoluer.

J’ai rencontré Yves en janvier 2015 par l’entremise d’un ami commun. Ces deux personnes sont devenues importantes pour moi par la complicité, la simplicité et l’authenticité que nous vivions ensemble et pouvions exprimer sans jugement. Cependant, après quatre mois d’amitié agréable, une petite phrase a été prononcée et a transformé cette amitié en quelque chose de spécial.

Dans un moment nostalgique, je me suis surprise à laisser monter en moi des pensées sensuelles. Le téléphone a sonné sur ces pensées. C’était Yves qui prenait de mes nouvelles. Je me mets à lui dire, sans trop comprendre moi-même, ce qui monte en moi en ce moment-là. Silence au bout du fil… Et il me dit qu’il venait d’avoir des idées similaires à mon égard.

Nos vies venaient de basculer.

Que se passe-t-il ?

Vous comprendrez mieux… en lisant la suite sur mon site web.

Ce concept d’Âme jumelle vous surprend ? Que pensez-vous de mon histoire ? Vous vivez peut-être vous aussi cette expérience magique ? Comme moi, vous aimeriez faire connaître votre expérience afin d’apporter de l’espoir aux âmes esseulées ? N’hésitez pas à me contacter pour en savoir davantage ou pour me partager votre expérience.

Je vous souhaite un agréable mois d’amour, l’amour de soi, surtout l’amour de soi…

Je vous aime et vous dis à bientôt xxx

Marie-Josée St-Pierre
Coach EFT (technique de liberté émotionnelle)
Visitez mon site Web :
http://www.mariejocoacheft.net

Des légumineuses pour tous les goûts et dans tous les mets

Des légumineuses pour tous les goûts et dans tous les mets

Les légumineuses ont un pourcentage de fibres très élevé. Elles contiennent à la fois des fibres solubles, qui aident à réduire le taux de cholestérol sanguin, et des fibres insolubles, qui aident au travail des intestins. L’index glycémique des légumineuses est très bas.

Elles font en sorte que la hausse du taux de sucre dans le sang est moins prononcée après un repas, ce qui convient aux personnes diabétiques. Par leur teneur en protéines et en fibres, les légumineuses procurent rapidement une sensation de satiété́, ce qui permet d’attendre plus facilement le prochain repas et d’aider au contrôle du poids.  
 
– Elles aident à réduire l’empreinte écologique de notre panier de provisions, car leur production génère moins de gaz à    effet de serre que celle de la viande.  

– Elles aident à fertiliser naturellement le sol avec de l’azote, un nutriment essentiel à la croissance des plantes. 

– Elles contribuent à la sécurité alimentaire.  

– Elles présentent une foule de bénéfices pour la santé humaine par leur grande richesse nutritive. 
 
14 idées pour intégrer les légumineuses à des mets classiques 

1 – Au lieu d’une soupe bœuf et orge : une soupe aux pois jaunes ou aux lentilles rouges cari coco, ou encore une soupe minestrone avec haricots  

2 – Au lieu d’une boulette de bœuf haché : des galettes de lentilles (belle recette d’Hubert Cormier, Ma table festive – Yogourt, Éd. La Semaine) 

3 – Au lieu des pâtes sauce bolognaise : des pâtes avec tomates, cannellini (petits haricots blancs) et parmesan 

4 – Au lieu de tacos à la viande : des tacos moitié viande, moitié petits haricots rouges ou un chili végétarien aux haricots rouges 

5 – Au lieu de miettes de bacon sur la salade : des pois chiches rôtis ou des fèves de soya rôties  

6 – Au lieu de rillettes ou cretons : une tartine au beurre d’arachides (l’arachide est une légumineuse) 

7 – Au lieu d’une salade de poulet céleri mayonnaise : une salade poulet, céleri, haricots noirs, maïs et poivrons rouges 

8 – Au lieu d’une purée de pommes de terre : une purée de haricots cocos avec ail et huile d’olive 

9 – Au lieu d’un cari d’agneau : un cari de pois chiches  

10 – Au lieu d’un riz frit au poulet : un sauté de riz au tofu et légumes asiatiques 

11 – Au lieu de croustilles avec trempette au fromage : des croustilles de pita grillé et une trempette de houmous (purée de pois chiches avec tahini et jus de citron) 

12 – Au lieu d’un couscous merguez : un couscous aux légumes et pois chiches 

13 – Au lieu des bretzels ou des crottes au fromage : des edamames (fèves de soya fraîches) avec un peu de sel et de vinaigre de riz 

14 – Au lieu de carrés au chocolat (brownies) : des carrés au chocolat préparés avec une purée de haricots noirs

Line

La vie commence, lorsque les peurs s’effacent

La vie commence, lorsque les peurs s’effacent

IL ARRIVE UN MOMENT DANS LA VIE OÙ?

Il arrive un moment dans la vie où nous avons des décisions à prendre. De grandes décisions. Que ce soit une séparation, un changement d’emploi, un changement drastique de vie ou de pays.

Il y arrive un moment dans la vie où nous sentons que le chemin que nous empruntons depuis plusieurs années arrive à sa fin. Nous le ressentons au plus profond de nous, mais nous ne voulons pas toujours le voir. Alors nous essayons de marchander avec nous même. Nous essayons de marchander de plusieurs façons.

En continuant malgré le mal-être.
En ayant une double vie.
En achetant du temps.
En nous coupant de nos émotions.
Ou en étant remplis d’émotions.
En compulsant de diverses façons (drogues, alcool, dépendance affective,etc.)

En fait, toutes les raisons sont bonnes pour essayer de ne pas voir l’inévitable….Mais notre coeur lui, notre corps et notre âme nous rappelles à tous les jours que nous ne sommes plus bien dans ce qu’est notre vie présente. Que nous ne pouvons plus faire semblant que tout est OK. Nous devons choisir de prendre un chemin différent et laisser derrière nous, ce que nous croyons être notre sécurité pour nous ouvrir à de nouvelles possibilités. Pour nous ouvrir à une nouvelle vie. Celle qui fait vibrer notre coeur et notre âme.
…. Alors qu’arrive-t-il vous croyez? Madame LA PEUR se présente.

Madame la peur fait tout pour vous brouiller les pistes et vous empêcher de voir clair et de prendre la décision qui s’impose….

Et si…. je ne prenais pas la bonne décision…
Et si… je regrettais….
Et si….je ne pouvais pas construire quelque chose de nouveau
Et si… Et si… Et si….

DERRIÈRE TOUTE GRANDE PEUR, SE CACHE UN DÉSIR!

Avec tout changement, il arrive que la peur, l’insécurité et le doute deviennent tellement forts qu’il devient presque impossible d’avancer. Et pourquoi il devient si difficile d’avancer?….. Parce que toute notre attention est mise sur la peur….. mais si nous changions notre regard de place et nous le mettions sur le désir. Car c’est ainsi…. si nous savons, nous ressentons et nous voulons changer quelque chose dans notre vie, c’est qu’en dessous de cette peur se cache un profond désir.

Alors quel est le désir?

Réaliser un rêve?
Retourner à l’école?
Être en cohérence avec son « Je suis »
Retrouver son indépendance?
Retrouver sa liberté?

Toutes les raisons sont bonnes.

EN TOUTE HONNÊTETÉ…

Si j’écris ce texte ce matin, c’est que j’ai moi-même plusieurs grandes décisions à prendre. Des décisions qui changeront totalement le cours de ma vie. Et je vis des tonnes d’émotions pas toujours faciles à gérer ni pour ma famille immédiate qui ne veut que mon bonheur ni pour moi-même. Alors, en vous écrivant, je me parle et ça me fait du bien…. Ça vous montre aussi que je suis humaine et imparfaite. Le but ici n’étant pas de me diminuer, mais bien de m’assumer dans mon imperfection. J’ai une lumière qui s’ouvre devant moi, mais je dois traverser, ce que je vois pour le moment, comme un tunnel…. Alors comme mes amis me l’on dit hier, je focaliserai sur le désir qui se cache derrière mes peurs.

Sur ce, mes amis, je vous souhaite une lumineuse et merveilleuse journée. Que celle-ci soit à la hauteur de vos désirs et de vos rêves les plus fous.

Christine Gagnon

L’Auberge de la Gratitude

L’Auberge de la Gratitude

Il était une fois…  

Étrange façon de commencer à philosopher sur la gratitude, et pourtant. Ne sommes-nous en période des fêtes de Noël, pendant lesquelles tout est possible ? Cette magie spéciale, cette féérie qui s’amplifient pendant ces derniers jours de décembre, sont pour moi parfaitement propices à ce sentiment, cette émotion, ce ressenti puissant que notre cœur vibre.  

Bien plus spirituelle et fondée sur l’âme que la reconnaissance, la gratitude s’exprime avec ferveur et passion, pour toute réalisation d’un rêve, ou pour l’acceptation d’un cadeau de la vie, matériel ou non. Permettez-moi de vous accompagner dans votre propre rencontre avec cette joie bien particulière, par ce petit récit.  

Il était une fois, dans des temps anciens et une contrée disparue aujourd’hui, un homme qui se prénommait Jonas, et qui vivait dans une chaumière au fond des bois, éloignée du village le plus proche. Cette forêt était si dense et si sombre que le soleil ne parvenait pas à glisser ses rayons entre les branchages entremêlés. Elle semblait inhabitée et inhospitalière car aucun bruit ne s’en échappait, aucun chant d’oiseaux. Tout était feutré.   

Cette atmosphère très triste convenait parfaitement à Jonas, qui ne semblait jamais satisfait de sa vie. Rien ne le comblait, ni ne le faisait rire. Parfois, un léger rictus se dessinait sur ses lèvres, lorsqu’il observait les enfants au village s’amuser. Mais il était plus à grommeler dans sa barbe qu’à exprimer un quelconque sentiment de joie. Il semblait n’avoir jamais vécu que seul.

Bûcheron de son état, il vendait ses fagots à l’aubergiste, au meunier, aux habitants qui n’avaient pas toujours le temps de partir ramasser du bois, et surtout au seigneur de la contrée dont le château immense possédait plus de cent cheminées. Bien qu’il vivait simplement, il ne manquait de rien et était en bonne santé. Pourtant, il rêvait de mieux, sans vraiment savoir exactement ce qu’il désirait, et était donc aigri.  

En cette veille de Noël, Jonas se rendit au village, afin de livrer une charrette entière de ses plus beaux fagots de bois à l’auberge, qui organisait un grand festin  le soir pour tous les villageois. Il avait neigé abondamment, et l’épaisse couche qui recouvrait la route faisait peiner l’âne du bûcheron et glisser les roues de la carriole. Un silence pesant enveloppait l’équipage et lui donnait une allure fantôme.

Puis brusquement, une fois sortis de l’épaisseur des bois, ils furent aveuglés par les rayons du soleil couchant, qui projetaient des reflets d’or et de rose sur le manteau blanc formant un tapis uniforme sur le sol. Un vent piquant soufflait en rafales, provoquant des petites congères dans lesquelles les pattes de l’âne s’enfonçaient brusquement.  

Jonas commença à maugréer. Voilà que le trajet allait être difficile, et qu’il perdait du temps. C’était vraiment pour arranger l’aubergiste qu’il avait accepté de lui porter ce soir des fagots. Certes, il serait bien payé en retour, mais il n’avait pas pensé que le chemin serait aussi difficile. Et voilà ! Il prit soudainement conscience qu’une fois encore, il n’était pas satisfait de sa vie. Il leva un moment les yeux vers le ciel, semblant attendre des réponses à ses revendications. Mais il se posa la question de ses véritables aspirations. Que voulait-il ? Était-il suffisamment précis dans ses demandes, ses prières ? N’avait-il pas tout ce qui convient à un homme pour être heureux ? Non, affirma-t-il avec force en lui-même. Il était seul, sans famille. Sa chaumière transpirait la tristesse. Il manquait les éclats de rire d’un enfant. Et puis, personne ne venait le voir, peu lui adressait la parole. Il reconnaissait ne pas être un grand bavard, mais il avait toujours été ainsi. C’étaient les autres qui agissaient et vivaient étrangement, et non lui.  

Tandis qu’il réfléchissait ainsi à son existence morne et grise, les premières lueurs des maisonnettes du village apparurent enfin. Le soleil finissait de tomber derrière l’horizon, et les gens se hâtaient de rejoindre leur foyer. Tout ici respirait la vie, les petits bonheurs quotidiens, l’agitation, l’entrain. Tout était l’opposé de l’environnement de Jonas et de ses habitudes. Il grimaça, et dirigea l’âne vers l’auberge, situé dans le centre. Il n’existait qu’une rue, et les chaumières avaient poussé le long de celle-ci comme des champignons.     

Soudain, surgissant comme un être féérique au milieu de la route, une vieille femme tremblotante chancela et tomba sur la neige durcie. Jonas arrêta immédiatement sa charrette, et bondit pour porter secours à cette pauvre créature. Celle-ci gémissait et tentait de se relever tant bien que mal, mais à chaque tentative, l’un de ses pieds glissait. Le bûcheron se pencha, attrapa la malheureuse sous les bras, et parvint lentement à l’entraîner sur une petite terrasse. « Alors, Madame, vous allez bien ?, questionne maladroitement Jonas.  

  • Oui, mon bon Monsieur. Merci beaucoup, répond-elle d’une petite voix chevrotante. J’ai simplement glissé, mais je crains de m’être foulée la cheville.  

  • Je peux vous emmener jusqu’à l’auberge, si vous le souhaitez ?  

  • Ah, c’est vraiment gentil. C’est d’ailleurs là que j’allais. Brrr…j’ai un peu froid.   

  • Attendez, je vais vous envelopper dans cette couverture que je prends toujours, pour le cas où.  

  • Oh! comme votre gentillesse me réchauffe le cœur ! Je suis percluse de rhumatismes, j’ai beaucoup de mal à marcher et je tombe très souvent.  

  • C’est étrange, car vous conservez le sourire, une vraie joie de vivre. Alors que vous devriez pester contre les aléas de votre vie.  

  • Mais pourquoi devrais-je me plaindre ? Je suis tellement remplie de gratitude envers la vie, parce que mes deux fils viennent me visiter très souvent, mes voisins adorent bavarder avec moi, ils m’amènent plein de douceurs à déguster. Alors certes, j’ai mal partout, mais je reçois tant de joies par ailleurs, que je ne peux pas bouder la vie. Et vous ?  

  • Oh, il n’y a rien de bien intéressant à dire. Mon existence est normale et sans attrait.   

  • C’est bien dommage que vous preniez les choses aussi tristement. »  

Jonas, troublé, porta la vieille dame jusqu’à la charrette, la couvrit avec la couverture, et poursuivit son chemin vers l’auberge, écoutant sans vraiment l’entendre le doux babillage de sa passagère. Il demeurait fortement étonné que, malgré toutes ses souffrances, elle garde ainsi un moral joyeux. Elle semblait ne pas se préoccuper de ses douleurs, toute à son bonheur de voir ses enfants, de partager du temps avec ses voisins. Il secoua la tête, en se disant qu’il devait cesser de se poser toutes ces questions. Elle était âgée, et perdait donc ses repères. Non, c’est lui qui détenait la vérité. La vie n’était pas un conte de fées, il n’y avait rien à fêter, à louer, à gratifier.   

Parvenus à l’auberge, le bûcheron accompagna la vieille dame auprès du feu, puis déchargea ses fagots de bois. Il entendait les rires et les conversations, les chants des enfants excités par Noël, et il en éprouvait une douloureuse nostalgie et une pointe de jalousie. Quelle chance ! La blessée était entourée d’attentions douces et charmantes, et elle ne cessait de remercier le ciel de recevoir autant d’amitié et d’attentions chaleureuses.   

Jonas, mû par une étrange sensation et un sentiment de désir de compagnie, décida lui aussi de profiter des bienfaits de la soirée qui s’annonçait. Il emmena son âne dans l’étable, à l’abri du froid, près d’une mangeoire bien remplie. L’animal se jeta goulûment sur le fourrage, comme s’il n’avait jamais rien dégusté d’aussi délicieux. L’homme s’étira, sentant la fatigue envahir ses muscles, et une brûlure piquer ses yeux. Peut-être serait-il plus opportun qu’il se repose, là, jeté dans le foin, plutôt que de se joindre à des gens qu’il ne connaissait pas du tout et avec lesquels il ne saurait quoi partager ?  

La porte de la grange s’ouvrit en grinçant, et une jeune femme s’avança vers la stalle de l’âne, un grand chien collé contre ses jambes, qu’elle tenait fermement au bout d’une courte corde. Il s’arrêta net en apercevant Jonas, stoppant immédiatement sa maîtresse.   

« Excusez-moi, demanda-t-elle d’une voix calme et douce. Il y a quelqu’un ?  

  • Euh…oui, répondit avec surprise l’homme. Je suis le bûcheron et je viens de mettre mon âne à l’abri. Mais…euh…je ne comprend pas. Vous ne me voyez pas ?  

  • Non, en effet, répondit-elle en souriant. Je suis aveugle de naissance.  

  • Ah, je comprend. Vous devez être remplie de chagrin, et je suis là, à l’augmenter avec mes questions idiotes et déplacées. Pardonnez-moi.  

  • Mais non, ne vous inquiétez pas. Vous ne m’avez pas blessée. En fait, mon mari m’attend à l’auberge, mais mon chien Pim m’a fait, semble-t-il, une petite farce. Il guide mes pas, et me sert d’yeux lorsque je dois me déplacer. Il sait où se trouve l’entrée de cette chaumière, mais je crois qu’il désirait dire bonjour à votre âne. Il adore les autres animaux. Et non, je ne ressens aucune peine, ni colère, parce que je n’y vois rien. Au contraire. Je suis tellement pleine de gratitude, car ma cécité me permet de lire dans les cœurs. D’ailleurs, le vôtre est si rempli de chagrin et de solitude que j’en ai mal pour vous.  

  • Oh, vous savez, ma vie est très simple, sans feu d’artifice ni explosion de joie. Plate, terne. Mais vous me racontez des sornettes. Vous ne pouvez ressentir de la joie de ne pas voir, ni éprouver la moindre reconnaissance envers cette existence qui vous a tout dérobé.  

  • Vous vous trompez. Grâce à mon handicap, je suis sûre que mon mari m’aime pour ce que je suis à l’intérieur et non pour mon physique. Il m’a offert à Noël dernier Pim, qu’il a lui-même dressé pour qu’il devienne mes yeux. Et mon chien m’offre tellement d’affection, nous sommes soudés et si proches, que j’en ai les larmes qui m’envahissent chaque fois qu’il lèche ma main ou qu’il pose sa tête sur mes genoux. Et lorsque mon mari me tient contre lui dans ses bras, que j’entends nos cœurs battre à l’unisson, l’émotion et la joie qui montent en moi sont si fortes que j’en défaille chaque fois. Ma gratitude est intense, je remercie la vie de ces merveilleux cadeaux qu’elle a placés sur mon chemin. Sans ma cécité, je ne connaîtrais pas ce bonheur absolu. Alors oui, je peux vous l’assurer du plus profond de moi, je ne cesse de louer le ciel pour tout ceci. Et pour rien au monde, je ne voudrais changer quoi que ce soit. »  

Jonas est profondément ému. Comme un voile qui se déchire brusquement, de merveilleuses sensations l’étreignent et prennent possession de son cœur douloureux. Cette jeune femme est un ange venu sur terre pour lui montrer le chemin de la joie, du partage, de l’amitié, de l’amour. Tout comme la vieille dame, elle ne s’attache pas à ses douleurs, préférant vivre pleinement chaque petite joie se présentant à elle. Pourquoi ne pas essayer ? Que risque-t-il ? Rien ne pourra être plus dur que sa solitude actuelle.   

Jonas accompagne la jeune aveugle et son chien jusqu’à l’auberge, s’attendrit des rires qui le peinaient auparavant, s’approche de l’âtre dans lequel un bon feu brûle, embrasse avec tendresse la vieille dame. Ce qu’il éprouve en cet instant est d’une telle puissance, d’une telle beauté, comme une explosion d’arc-en-ciel dans son cœur, qu’il éclate soudainement en sanglots. Il comprend combien la gratitude est née en lui, celle d’avoir été sauvé par ces deux rencontres miraculeuses, et combien ce sentiment est un cadeau d’amour de la vie. Il a reçu, il offre en échange cette reconnaissance magnifiée et décuplée. La joie est enfin là ! Jamais encore il n’avait vécu plus beau réveillon de Noël. La soirée, la nuit, furent une avalanche de partage, de victuailles, de vin, de bonne humeur, de rires, d’amitié. Quelle chance, quelle grâce venaient enfin de le toucher. Son cœur ne cessait de chanter les mêmes mots : Merci ! J’éprouve une profonde gratitude !  

Là-bas, dans les bois, loin du village, les arbres desserrèrent leurs lourdes branches, aérant la forêt toute entière, libérant la maisonnette de Jonas du noir. Les oiseaux commencèrent à lancer leurs trilles, les fleurs d’hiver s’épanouirent, et les couleurs et la joie revinrent habiter ces lieux enchantés.  

Danièle Delrieu     

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